une fenêtre sur l'activité du parti. Un moyen de connaitre l'actualité du LMD et de donner son avis dans le respect d'autrui ......... bien entendu
Ambitieux, généreux, progressiste, (socialiste)… les superlatifs ne manquent pas pour qualifier le discours de politique générale prononcé par le Président du Gouvernement Philippe
GOMES le 31 août dernier au Congrès. Il est facile de trouver des choses à reprocher à l’ancien Maire de La FOA, mais personne ne peut mettre en doute son éloquence et sa réelle capacité à
convaincre.
Néanmoins, même si nous ne pouvons qu’applaudir des deux mains un discours qui prône une « sincère » volonté de réduction des inégalités et une meilleure justice sociale en Nouvelle-Calédonie, cet enthousiasme ne doit pas nous empêcher de regarder la réalité en face et se demander si la Nouvelle-Calédonie a les moyens de ses ambitions, en tout cas des ambitions de son président.
Philippe GOMES a annoncé dans son discours la création d’un minimum vieillesse a 90 000F.CFP, la mise en place d’un prêt à taux zéro pour les ménages ayant un revenu mensuel inférieur à 600 000 F.CFP (80% de la population), d’élargir le dispositif d’aide au logement à 4000 familles (2500 aujourd’hui), création d’allocations sociales (rentrée scolaire, prénatale et de maternité) et nous pourrions continuer à allonger cette liste.
Cependant au moment où les recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie ne sont plus ce qu’elles étaient et à un moment où beaucoup s’interrogent sur la façon dont nous allons pouvoir assumer la simple hausse annuelle du budget de l’enseignement secondaire, prochainement transféré, il est normal de se demander si le Président du Gouvernement n’a pas vu un peu grand au risque de faire beaucoup de déçus et de décrédibiliser encore un peu plus la politique.
Cependant un autre scénario est envisageable et connaissant le personnage, on peut même dire probable. Le Président GOMES décide de respecter les engagements qu’il a pris dans son discours de politique générale, mais dans ce cas de figure il manque une partie importante à ce dernier, la partie « chiffrage et financement ». Certes le chef de l’Exécutif annonce la création d’un nouvel impôt, la Contribution Calédonienne de Solidarité (CCS), l’équivalent de la CSG métropolitaine, mais ce dernier ne devrait rapporter au mieux que 3 milliards par an au territoire et pèsera fortement sur la classe moyenne. Il évoque également la possibilité de mise en place de la TVA qui améliorera la transparence fiscale mais en aucun cas ne permettra d’augmenter les rentrées fiscales indirectes.
Il ne faut donc pas être prix Nobel d’économie pour savoir que l’ensemble des mesures sociales proposées coutera beaucoup plus que 3 milliards et que si le Président du Gouvernement souhaite tenir ses promesses, il se retrouvera devant un choix cornélien qui sera soit d’augmenter la fiscalité directe, soit de mettre en sérieuse difficulté financière la Nouvelle-Calédonie.
Philippe GOMES a également beaucoup insisté dans son discours sur les fortes disparités en termes de revenus. Il est vrai qu’il est insupportable d’avoir en Nouvelle-Calédonie un écart entre plus bas et plus haut salaires qui va de 1 à 15 alors qu’en Métropole cet écart va de 1 à 7.
Néanmoins où le président se trompe c’est en utilisant la formule « il faut une meilleure redistribution des richesses » alors qu’il aurait été mieux de parler de meilleure répartition des fruits de la croissance. Certains diront que ça veut dire la même chose mais dans un discours de politique générale les mots ont un sens et peut être même plus qu’ailleurs.
Une meilleure redistribution des richesses consiste à transférer l’argent des personnes aisées vers les moins fortunées et ce au risque de favoriser l’assistanat. De plus, plusieurs pays dans l’histoire du Monde on déjà tenté cette politique, qu’on pourrait qualifier de « politique de Robin des Bois » (prince des voleurs), mais dans aucun d’entre eux les résultats n’ont été positifs.
Une meilleure redistribution des fruits de la croissance consiste à un meilleur partage des richesses créées. C'est-à-dire que toutes personnes qui travaillent dans une entreprise, des plus bas aux plus hauts salaires, méritent au titre de leur travail de bénéficier des richesses distribuées par l’entreprise. Il n’est pas normal que lors d’une période de croissance importante, seuls les actionnaires et les managers profitent des bénéfices réalisés alors qu’en période de difficulté financière on demande à l’ensemble des salariés de faire des efforts.
Plusieurs points du discours laissent à espérer qu’il ne s’agit que d’une faute de dialectique économique et que le président s’engagera dans une politique de création de richesses à mieux répartir.
La partie politique du discours pourrait également faire l’objet d’un long article a elle seule tant elle était dense. En effet Le Président du Gouvernement ne laisse que peu de revendications futures possibles aux indépendantistes tant il va loin dans l’application de l’Accord de Nouméa, représentations de la Nouvelle-Calédonie à l’étranger, signes identitaires, projet éducatif calédonien et la liste est longue. Comme quoi ce discours de politique générale est vraiment le reflet d’une grande ambition d’un pays et d’un homme, mais la question qu’il faut aujourd’hui se poser c’est « Où nous mènera t’elle/il » …
C.G